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Amis des rues Georges-Lardennois, Remy-de-Gour-mont, Edgar-Poe, etc., voici enfin la réponse à la question qui hantait vos nuits : “ Pourquoi appelle-t-on Bergeyre la butte où vous habitez ? ”
Les plus curieux d’entre vous, et en particulier les lecteurs de Quartiers libres n° 74-75 et 84-85, avaient déjà une moitié de la solution : en raison d’un stade qui occupa les lieux de 1918 à 1926. Stade Bergeyre, soit, mais pourquoi Bergeyre ? c’est ce qui demeurait en suspens. Eh bien, c’était le nom d’un valeureux athlète de vingt ans fauché sur les champs dits d’honneur de la Première Guerre mondiale**. La consultation des livraisons du journal d’époque Le Matin nous révèle que l’inauguration officielle du stade par les dirigeants de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques, le 18 août 1918, était prévue pour s’accomplir dans le cadre d’une somptueuse réunion d’athlétisme où la fine fleur des champions français et américains devait s’affronter. Hélas ! les vedettes firent faux bond. La fête en fut amoindrie et seul le jet de 45,42 mètres d’un lanceur de disque d’outre-Atlantique répondant au patronyme de Duncan sauva la face des organisateurs.
Le stade Bergeyre servit d’abord aux seules compétitions de courses à pied et autres sauts en hauteur***. Puis vint le football rugby, car c’est ainsi qu’on désignait le sport ovalin en 1918. Notre football arriva ensuite, qu’on appelait – et qu’on nomme encore officiellement de la sorte aujourd’hui – le football association (d’où la FFA et l’UEFA).
Maxime Braquet
* Articulet paru dans le n° 90-91 (automne-hiver 2002) de la revue Quartiers libres.
** Note de janvier 2011 D’après des pièces d’archives du ministère de la Défense retrouvées par M. Béasse (de l’Association des habitants de la butte Bergeyre), deux seuls soldats du nom de Bergeyre ont péri au cours de la guerre de 1914-1918, respectivement prénommés Pierre et Robert. L’un des deux est certainement l’athlète éponyme du stade (mais lequel ? les actes militaires de leur décès ne donnent pas l’information permettant de trancher). L’encyclopédie internautique Wikipedia signale que ledit athlète était un rugbyman. C’est très possible qu’il fut en effet un joueur de la section rugby du Sporting Club de Vaugirard (SCV). Il y a d’ailleurs de bonnes raisons de penser que c’est le mécène-manageur, Jacques Sigrand, du SCV qui a baptisé le stade Bergeyre car il en avait principalement financé l’installation au moment de la fusion du SCV avec l’Olympique de Pantin (voir article précédent).
*** Voire des courses plus extravagantes (note du webmaster)
L'auteur de l'article est : Maxime Braquet, historien de Bellevillle, chercheur et conférencier collaborant aux sociétés d'histoire des quartiers de l'est de Paris L'article est issu de la revue : Quartiers Libres - Le canard du 19e et de Belleville Numérisée depuis 2009 sur le site : La Ville des Gens Publié sur notre site avec l'aimable autorisation de Maxime Braquet, Michel Fabréguet, Président de l'association Quartiers Libres et du site La Ville des Gens
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